propriété du lait de jument

  Quelques mots d'histoire :

 

il est probable que l'homme consomme le lait de jument depuis la domestication du cheval . Mais alors le lait était soit consommé cru soit transformé , soit transformé , c'est à dire prédigéré .

On peux dire la meme chose des autres laits . Les Crétois , par exemple consomment du yaourt et du fromage de brebis ou de chévre et ils se portent très bien .

 

Je pense donc que la transformation du lait augmente la digestibilité de celui ci grâce, notamment, à la fermentation. De plus, il semble que les matières grasses du lait, bu tel quel, soient absorbées plus fortement par l'organisme que dans les dérivés de celui ci (kéfir, fromage, yaourt...). Les graisses du fromage, par exemple, seraient mieux éliminées. Cela expliquerait le paradoxe suivant : les pays qui consomment du fromage se portent beaucoup mieux que ceux qui boivent le lait de vache. Ce qui voudrait dire que, quand les quantités sont raisonnables et que l'on évite le lait à l'état originel, la santé est très satisfaisante. Exception faite du lait de jument...

 

En Crète, les chèvres dans les montagnes, telles des animaux sauvages, mangent les herbes naturelles. Il n'y a pas de comparaison avec nos élevages intensifs et chimiques, où seule la quantité compte ! La différence de qualité est énorme ! Les animaux qui mangent les éléments que la nature offre spontanément, donnent une meilleure qualité de lait. C'est évident. Les Mongols, ainsi que de nombreuses autres populations d'Asie Centrale, utilisent le lait de jument depuis des milliers d'années. Et c'est encore le cas maintenant, pour leur plus grand bien.

Originaire de Mongolie

L'élevage demeure l'une des principales activités et l'une des ressources essentielles de la Mongolie. En 1998, la Mongolie comptait deux millions et demi d'habitants et... trois millions deux cent mille chevaux! Les plus anciennes données écrites chinoises concernant l'utilisation du lait de jument pour la préparation du koumis remontent à presque deux mille ans avant Jésus Christ. Le koumis est une boisson fermentée fabriquée à partir du lait de jument frais. Le nom de koumis est dérivé du nom des peuplades kumanes qui s'étaient établies en Eurasie et à qui on attribue la fabrication et l'utilisation de cette boisson.

Les références aux propriétés bénéfiques du lait de jument figurent dans les sources littéraires et historiques les plus anciennes de l'humanité. C'est une tradition qui remonte à cinq millénaires avant notre ère, au peuple ouïgour qui essaima sur la Mongolie et l'Asie centrale. À leur suite, tous les cavaliers envahisseurs nomades, de Gengis Khan à Attila, n'avaient d'autres nourritures, lorsqu'ils se déplaçaient, que le lait de jument et la viande de poulain. La cavalerie de Gengis Khan comptait vingt mille chevaux ! Leur lait était utilisé pour soigner toutes sortes de maux.

Le lait de jument fut déjà mentionné par l'historien grec Hérodote. Lors de ses voyages en Asie, il avait constaté l'effet revitalisant du koumis qu'il résuma par la tirade « nutrit roborat alterat » : il nourrit, il fortifie, il stimule. Le poète grec Homère (800 av. J C) évoquait ce breuvage dans l'Iliade, et Xénophon préconisait le lait de jument comme remède.

Cléopâtre, reine d'Égypte, et Popée, femme de Néron, entretenaient la beauté et la jeunesse de leur peau avec du lait de jument ou d'ânesse. Au cours de ses voyages, Cléopâtre emportait toujours plus de sept cents ânesses pour avoir en permanence un stock de ce précieux liquide. Beaucoup plus tard, l'écrivain russe Léon Tolstoï nota dans son journal les progrès d'un traitement au lait de jument.


Comment cet aliment / médicament est il arrivé chez nous ?


Comme la réputation de vigueur et de longévité du peuple mongol trouvait son origine dans la consommation de lait de jument, c'est tout naturellement qu'un médecin russe, Postnikov, eut l'idée de l'utiliser dans un but thérapeutique, et notamment pour soigner la tuberculose ! Beaucoup de sovkhozes, en Russie, produisaient d'ailleurs déjà du lait de jument. Une directive d'État imposait, en effet, de produire du lait de jument pour la santé ! Pendant la Seconde Guerre mondiale, un médecin allemand, le docteur Rudolph Storch, prisonnier de l'armée soviétique au Kazakhstan, découvrit à son tour les immenses propriétés du lait de jument. Il se promit, s'il survivait à cette épreuve, d'introduire chez lui ce remède étonnant. En 1945, à son retour au pays, il débuta donc une exploitation. De là, le lait de jument gagna l'Autriche, puis la France.

En fait, il renoua avec une ancienne tradition car, empiriquement, on utilisait déjà autrefois le lait de jument en France, notamment dans certaines maternités, et cela jusqu'au milieu des années cinquante. En Sicile également, le lait de jument était connu comme boisson fortifiante.


QUE CONTIENT LE LAIT DE JUMENT ?


Il existe différentes sortes de lait : chèvre, vache, brebis, chamelle, etc. Dans tous, on retrouve les mêmes composants: eau, protéines, lactose, matières grasses et minérales. Donc, à première vue, ils se ressemblent tous ! On sait cependant que chaque lait est adapté à son espèce. C'est ainsi que le développement du nouveau né est parfaitement assuré et qu'il bénéficie d'une protection maximale.

Remarquons, avant d'observer les différentes compositions, que vaches, chèvres et brebis sont des poly-gastriques : elles ruminent. Par contre, la jument comme la femme, sont mono gastriques : elles ne ruminent pas !

On peut donc observer une dégradation différente des aliments avec des éléments différents disponibles pour les glandes mammaires et la production du lait. Les mamelles des juments comme la poitrine des femmes n'ont pas de citernes mammaires pour la production du lait.

Dans de nombreuses espèces, en effet, le lait est disponible dans une citerne réceptrice située sous les acinis et ouverte par les tétines ; lors de la traite, le lait est immédiatement libéré. Ce n'est pas le cas avec la jument, car la totalité du lait est contenue dans la glande elle-même, d'où la difficulté de l'obtenir. Une hormone, l'ocytocine, est sécrétée par la jument sous l'action de certains stimuli : vue du petit, bruit de traite, voix et conditions agréables... C'est elle qui va entraîner la lactation. On obtient ainsi peu de lait à la fois.


Comparaison des différents laits :

Composition moyenne des laits de femme, de juments et de vaches (d'après Doreau, 1991)
 
                        Matières grasses/Dont acides gras polyinsaturés/Matières azotées/Caséine , protéine (%)/Lactose (g/kg)
 Lait de femme    35                     5-20                                   21                     53                            69
 Lait de jument    15                     8-15                                   20                     48                            64
 Lait de vache     38                     2-4                                     34                     80                            48
 

Détail des différents nutriments du lait de jument :


L'apport du lait de jument en minéraux, bien qu'inférieur quantitativement à celui du lait de vache, est d'une grande richesse avec de bonnes associations. Par exemple, le calcium est bien valorisé grâce à un apport phosphocalcique de 2 (soit deux parts de calcium pour une de phosphore), comme dans le lait de femme, alors que ce même rapport est de 1,25 pour le lait de vache. De plus, le calcium du lait de jument se présente sous une forme directement assimilable. Le lait de jument est très riche en vitamine C naturelle, un puissant antioxydant. Il contient un enzyme considéré comme un anti microbien puissant, le lysozyme !

Les acides gras du lait de jument sont des acides gras essentiels que notre organisme est incapable de synthétiser directement. Ils doivent faire absolument partie de notre. alimentation : ce sont les acides linoléique (oméga3) et alpha linolénique (oméga6). Ce lait contient aussi du lactose mais sous une forme différente, ce qui diminuerait les intolérances; de plus, un enzyme, la lactate déshydrogénase en favorise l'assimilation.

Les protéines du lait de jument sont composées à peu près à part égale d'albumine et de globuline (B lactoglobulines et immunoglobulines). La teneur en protéine (20 à 30 %) est favorable aux nourrissons et aux enfants. Comme le lait humain, le lait de jument est pauvre en caséines (13 g de caséines par litre contre 25 g par litre pour la vache). Bref, les protéines du lait de jument sont très digestes. On y trouve aussi un acide aminé, la cystine qui va aider à désintoxiquer le foie.

Le lait de jument est un lait faiblement calorique, peu gras mais avec de bonnes graisses, des oligo éléments et des vitamines intéressantes, et tout cela en synergie.

Autre remarque importante : contrairement au lait de la vache, le lait de la jument s'appauvrit en matières grasses quand elle reçoit des concentrés dans sa ration. Au contraire, plus la jument pâture et reçoit du fourrage frais, meilleur sera son lait et plus riche sera t il en oméga3, un acide gras poly insaturé. Foin et avoine fournissent 9,3 % du poids des acides gras totaux, alors que la prairie en fournit 26,2 %. Enfin, de tous les laits animaux, la composition du lait de jument est la plus proche de celle du lait de femme.